LES FESTIVALS D'HIVERS AU SAGUENAY.

Succès de participation populaire ???

 

Une lettre de : J.M. Girard

Les deux plus importants festivals hivernaux du Saguenay sont sans conteste  Jonquière en Neige et le Carnaval Souvenir de Chicoutimi, deux événements bien implantés. Cette année (comme à chaque année d’ailleurs), les directions des deux célébrations “ solsticienne ” proclament haut et fort que la dernière édition fut un très grand succès de participation ( 130,000 visiteurs à Chicoutimi semble t-il ????) Si, comme moi, vous êtes allé flâner en famille sur les sites “ d’activités populaires ” de chacune des villes , par un beau dimanche après-midi, vous pourriez avoir tendance à penser que cette affirmation est tout à fait véridique. Mais quand on y regarde de plus près, on est obligé de constater que ce fameux taux de participation est justement concentré sur une ou deux fins de semaine, ensoleillées. Durant la semaine, c’est le désert blanc. Il faut aussi être conscient du fait que, même à l’apogée des activités de ces festivals d’hiver, l’achalandage des sites du Vieux Port de Chicoutimi et du Parc de la rivière aux Sables, à Jonquière, n’a rien de vraiment supérieur à ce que l’on peut observer par n’importe lequel de nos beaux soirs d’été. Quand on nous parle d’une grande participation populaire, ne serait-il pas plus vrai de dire que    de nombreux citoyens ont pris leur petite marche dominicale sur un de ces sites plutôt qu’autour de leur pâté de maison? ” Peut-on vraiment appeler ça de la participation ?

 

Des mots comme “ activité et participation ” sont des mots d’action. Selon mon point de vue, il serait plus adéquat de dire, quand on parle de l’achalandage de nos festivals, qu’ils: “ ont pu compter sur  la présence d’un grand nombre de citoyens, qui ont assisté passivement à certaines démonstrations gratuites.”

Il y a, je pense, un certain manque de réalisme de la part des organisateurs de ces événements, quant à la véritable appréciation du public. Nos festivals souffrent de stagnation. Le Carnaval Souvenir, c’est connu, a élevé en dogmes  des sites tels que la Bonne Ménagère ou le Chantier du père Alex où depuis 40 ans, la même madame, vêtue de sa robe de carnaval confectionnée en 1960

( même Maria Chapedelaine suivait la mode mieux que ça), te sert son éternel plat de “ Beans ”.Vat- on encore manger des “ beans ” et des oreilles de Christ à l’édition 2099 ?  Dans un souci de démocratisation, ou par obligation politique et commerciale, les sites d’activités du Carnaval se retrouve aux quatre coins de la ville. Résultat: absence totale d’atmosphère. Je me souviens d’une époque où le Carnaval Souvenir était synonyme de fête. Aujourd’hui, pour moi, ça ressemble beaucoup plus au party annuel privé de la vieille potée chicoutimienne, avec activités populaires enrobées de néant sur fond de neige. Peut-on faire autre chose que manger des haricots sucrés ou assister à la vente à l’encan de “ gugus ” achetés au Village des Valeurs? 

 

Depuis un bon bout de temps déjà, les responsables du Carnaval Souvenir savent que leur événement est totalement éculé, mais ils ne trouvent rien de mieux pour le renouveler que de passer le flambeau à un membre de la  petite gagne qui n’a pas encore eu son tour. Le carnaval Souvenir n’en finit plus d’agoniser. Euthanasiez-le, ou faites-lui une transfusion massive de véritable sang neuf.

 

À Jonquière, il y a quelques années, certains eurent l’idée géniale de lancer un festival hivernal proche des gens et très participatif . Mais malheureusement, dame nature se fit capricieuse à quelques reprises, ce qui eut pour résultat la disparition des sculptures devant la maison de monsieur et madame tout le monde et du même coup, de la participation. Évidemment, il n’y a rien de drôle à voir fondre son chef-d’oeuvre, bâti à force d’imagination et de frissons.

Ainsi, depuis deux ou trois ans, tout ce qui subsiste de la cité des sculptures, c’est le parc de la rivière et le pourtour du centre commercial. Temps moyen de la tournée complète: environ une heure. Quoi d’autre? Sauf quelques soubresauts timides de partys presque privés, c’est le néant, nil, nada. De plus, l’ombre de l’immobilisme de gamic, institutionnalisé, qui a gangrené le Carnaval de Chicoutimi menace sérieusement Jonquière en neige. À quand les vrais jeunes pour organiser les activités jeunesse? À quand le retour de la neige sur la “ Main ” ? Pourquoi pas le Carnaval Souvenir 1955 tout de suite, et celui du charleston l’an prochain? Pourquoi pas une fusion des deux événements? Pourquoi ne pas faire en sorte d’attirer le touriste au Royaume de la neige ? Les suggestions ne manque pas. 

 

Le premier travail de ceux qui croient encore aux festivals d’hiver, c’est de partir à la recherche de la relève imaginative . Pour cela, il faudra peut-être chercher ailleurs qu’à la chambre de commerce, sans pour autant l’éliminer.

Eh oui! “ lobby ” oblige.

 

Dans l’espoir de pouvoir “ participer ” à vos éditions renouvelées, un amoureux de l’hiver.

 

                                                                                       J.M. Girard

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