ENVIRONNEMENTÀ MOTONEIGE, CONSERVATION ET RESPECT D'ENVIRONNEMENT C'EST POSSIBLE!par Ursula Larouche |

____En 1959, lorsque Joseph-Armand Bombardier met sur le marché la première motoneige fabriquée en série. Il est loin de réaliser à quel point sa brillante invention deviendra si populaire, qu'à peine treize ans plus tard, elle devra faire l'objet d'une réglementation. En effet, son développement anarchique exerce un effet négatif sur sa réputation.____Pour remédier à tout cela, les motoneigistes s'organisent afin de pouvoir continuer à pratiquer leur activité et au cours des années 70, ils deviennent des partenaires efficaces dans la mise en oeuvre de la réglementation. Puis, vers le milieu des années 80, la grogne s'élève un peu partout au Québec contre les véhicules tout-terrain (VTT). La création de multiples comités s'ensuivra en vue d'élaborer une politique sur les VTT qui à l'heure actuelle, demeure très attendue autant par les associations vouées à la protection de l'environnement que par les municipalités.____Au cours des derniers mois, nous avons été appelés à constater que les reproches adressés aux VTT englobent aussi la motoneige. Il est intéressant de chercher à mieux connaître l'impact de cette activité sur nos ressources naturelles et notre environnement. |
____La plus grande concentration de motoneiges sur le terrain dure le temps de 2 lunes, s'étirant parfois jusqu'à 4, sur un épais tapis blanc. Les hivers sans neige, la rutilante ne va pas loin. Et, que dire de l'été ? Ces aspects lui confèrent à prime abord d'importantes restrictions favorisant la protection de l'environnement. Graduellement, les motoneigistes utiliseront de plus en plus les sentiers et deviendront membres d'un club de motoneige de leur région. Cette organisation de l'activité est une autre garantie de protection qu'obtient notre environnement. Ce n'est pas le cas de tous les véhicules tout-terrain. |
____Si la motoneige est également inclue dans la problématique des véhicules tout-terrain, la responsabilité en incombe aux utilisateurs. Ceux-ci sont au nombre d'environ 600 000 au Québec: |
____Une partie importante du civisme est le respect des autres. Personne n'aime que des motoneiges détruisent les arbres qu'on a passé des années à cultiver sur ses propres terres. C'est le cas entre autres des érablières entretenues par les producteurs de sirop d'érable. Le respect des arbres, le respect des propriétaires et des animaux de ferme, cela fait partie des notions de civisme. Cependant, la pinte d'huile ajoutée au moteur en plein milieu de votre tournée, devrait être rapportée à la maison car même vide, au contact du sol ou de l'eau, les résidus de votre canne d'huile contamineront tout un secteur. C'est plus que du civisme, dans ce dernier cas, il s'agit du maintien de la vie dans votre environnement. C'est une responsabilité encore plus grande (les particules contaminées d'huile ruisselleront avec la neige au printemps et avec l'eau de pluie dans le sol, jusqu'à un ruisseau et/ou un lac). |
____La motoneige fait partie des huit produits touristiques les plus rentables aux yeux du gouvernement du Québec et elle occasionne des revenus d'environ 33 millions de dollars (données de 1990 par le ministère du Tourisme, 1994). Parmi les huit produits d'agrément les plus rentables pour les gouvernements, c'est la motoneige qui présente le ratio le plus élevé avec 19.10$ de revenus pour le gouvernement du Québec pour chaque tranche de 100 $ dépensée par les motoneigistes. Cela est dû à l'achat important d'essence qui représente un revenu de taxes non négligeable. Les touristes étrangers viennent en majorité des États-Unis(10%) et de la France (3%). Dans ces pays, circuler en motoneige à la "va comme je te pousse" est interdit et les pénalités sont très dissuasives. La disponibilité de territoires pour circuler étant peu comparable au Québec, c'est donc un privilège de pouvoir faire de la motoneige, pour eux comme pour nous. Ceci dit, notre royaume de la neige doit demeurer accueillant et agréable à vivre. |
____Au Québec, il existe une réglementation qui régit la construction du véhicule, la garde du véhicule, la propriété (immatriculation et permis de conduire), l'entretien du véhicule et des sentiers. L'application de la réglementation par les clubs de motoneige a permis de réduire les impacts négatifs sur notre environnement. Même si l'objectif premier des clubs n'est pas la protection de l'environnement, l'encadrement de l'activité permet de réduire de façon appréciable les effets insidieux de son impact.____Or, cette conciliation et cette harmonie pourraient être ébranlées. Depuis 1974, le gouvernement du Québec soutenait financièrement le développement et l'entretien des sentiers. En cette année 1995, pour la première fois il ne financera pas l'entretien du réseau de sentiers de motoneige. Pourtant ces sentiers sont une garantie qu'environ 50 pour-cent des motoneigistes du Québec, (Rapport annuel 1993-1994 de la fédération québécoise des motoneigistes)exercent leur activité dans un contexte de protection de l'environnement. Cependant, la politique de l'utilisateur-payeur mise en place il y a deux ans semble être un bon mode de compensation. Ainsi, chaque plaque d'immatriculation de motoneige a été augmentée de dix dollars qui sont reversés aux clubs de motoneige. Combiné aux revenus de membership, cet argent permet l'entretien des sentiers, l'achat et l'entretien de surfaceurs et assure un minimum de signalisation des sentiers. Les clubs de motoneige désirent toutefois voir ce montant augmenter car il ne suffit pas à compenser complètement les pertes dues aux coupures de subvention.____Il nous faut espérer que les clubs réussiront à se maintenir malgré cette perte de revenus considérable. Souhaitons que privée de l'aide gouvernementale, leur imagination n'en sera que plus fertile pour réussir à convaincre l'autre 50% des usagers anarchiques à se joindre à eux.____Il reste environ 300 000 personnes à convaincre de l'importance de circuler dans les sentiers. Si vous en connaissez, n'hésitez pas à leur parler de la préservation et du respect de votre nature.____Monsieur Nicol Fortin, administrateur de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec souligne que la motoneige génère des retombées économiques de 60 millions au Saguenay - Lac Saint-Jean. Au Québec, ce chiffre atteint un montant global de 566 millions. Actuellement, il y a 14 000 motoneigistes membres des clubs de motoneige de la région alors qu'il y a 20 000 motoneiges inscrites au bureau d'immatriculation. |


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